J’avais cette drôle d’idée que lorsque l’école ne ferait plus partie de mon quotidien, tous les projets qui se bousculaient dans ma tête depuis des mois allaient s’enligner par eux-mêmes…  Je les avais tellement imaginés, discutés, rêvés.  Mais, au final, trois mois, ça file aussi vite qu’un coup de tonnerre, surtout quand tu as la mauvaise tendance à procrastiner.  C’est dans cette même lignée que ma planification pour mon voyage à bicyclette s’est passée.  Il y avait les idées dans la tête, les listes de choses à faire, mais j’ai passé plus de temps à y penser qu’autre chose.

Je suis donc arrivée, il y a près de deux semaines et quelques miettes, à Vancouver, sans l’ombre d’une préparation sauf un vélo en chemin.  L’excitation, mêlée d’anxiété, montait d’un cran à l’approche du grand départ… surtout considérant que je n’avais pas la moindre idée de la route que j’allais emprunter.  Mes petites cartes par province plastifiées que j’avais imaginées étaient maintenant bien loin de mes possibilités.  J’avais usé de psychologie dans les derniers mois en parlant à beaucoup trop de gens de ce projet afin de bien sentir sur mes épaules la pression sociale qui me pousserait à réussir.

Lors des premiers jours à Vancouver, avec la compagnie merveilleuse de mon amie Frédérique et alors que Wilson – nom de mon précieux compagnon sur deux roues – faisait belle route dans un autobus, j’ai découvert, goûté, promené, couru cette ville, qui m’était inconnue sauf de par sa réputation d’être dispendieuse.

Vancouver, BC

Nous avions chacune nos raisons d’être heureuses de se retrouver l’espace d’un instant pour se donner la force d’affronter nos prochaines étapes respectives de vie.  Puis, par chance, ma tendinite du tendon d’Achille, qui avait mystérieusement commencé en début juin, a décidé de disparaître aussi rapidement que son apparition.  Il me fut ainsi possible de réaliser le demi-marathon Scotiabank à Vancouver, avec Frédérique, comme il était prévu depuis mars.  Ce fut une très belle expérience et une surprise qui doubla lorsque nos performances dépassèrent de loin nos attentes.  Je conseille entièrement ce demi-marathon qui longe le bord de l’eau d’un bout à l’autre de cette magnifique ville.

Et puis, mon amie a pris l’avion, ramenant en même temps mon backpack, alors que Wilson venait d’arriver à la gare d’autobus.  J’avais tenté le plus possible de préparer mon vélo avant mon départ, mais lorsque j’ai ouvert cette grosse boîte à surprise qui contenait mon vélo, directement dans l’entrée minuscule de la gare, j’ai bien vu que je n’avais pas complètement géré et que mes parents m’avaient sauvée de recevoir un vélo cassé en mille morceaux.  Mon père avait pris soin d’enrober le cadre du vélo de papier journal et de papier bulle alors que ma mère s’était assurée que mon père ne mette pas trop de bagage excédentaire.

Je vous présente Wilson Radler, mon compagnon de voyage pour les prochains mois.

Le guidon et les pédales replacés sur mon vélo, j’ai admiré quelque temps ce compagnon de voyage, le sourire aux lèvres.  C’était tangible.  Il n’y avait pas de marche arrière possible.

J’ai rejoint le cousin de mon père, Pierre, peu de temps après.  Il allait m’héberger dans mes derniers jours à Vancouver.  Seulement en me promenant dans la ville ce jour-là, sur mon vélo, j’eus la surprise, le soir, en regardant mon odomètre au condo, qu’il affichait un petit 32km… imprévu!

Durant le souper avec Pierre et Kehree, sa femme, nous avons beaucoup discuté et dressé une liste des choses à faire, préparer, vérifier.  Ça peut stresser des gens d’entendre que je suis une femme voyageant seule à vélo.  Je ne l’avais pas encore réalisé.  J’ai donc passé mes trois derniers jours et mes dernières nuits à courir partout, chercher de l’information, planifier mon itinéraire et… construire, ENFIN, mon site avec l’aide de ma soeur à l’autre bout du fil (après plus de trois ébauches depuis janvier, il faut dire).

J’avais maintenant un itinéraire pour ma première semaine, du « bear spray », un « air horn », un site web, un vélo en état de rouler, des bandes réfléchissantes sur mon casque… et un nouveau bout de ma famille que j’avais eu la chance de rencontrer, découvrir et apprécier.  C’était le moment, le grand départ en date du 1er juillet.

Prête, pas prête, je roule!

This Post Has 8 Comments

  1. Quel beau projet, Myrika! Je te souhaite de prendre un beau rythme avec ton bolide et de faire de belles découvertes. Ça te prendra beaucoup de détermination pour compléter ton parcours, mais tu feras des apprentissages inestimables. Bises de nous 4

  2. Bravo Myrika!

    Bien dit Marie-Noëlle.

    Nous allons rêver ce qu’aurait pu être nos 20 ans à travers toi.

    Bon vent d’ouest et bonne route … et elle sera longue … mais cela ne fera que faire perdurer le plaisir!

    Le moment venu … souviens toi de l’histoire du cornichon de ton grand-papa Major!

    Au plaisir de te revoir!

    De ton viel oncle Xavier!

    1. Je vais y penser dans les moments difficile haha! Merci

  3. Bonne route! Nous te suivons de loin avec nos longues vues virtuelles.

  4. Tu es fantastique Myrika!! Je t’envoie plein de motivation et de bonne énergie xox

    Continue le bon et beau voyage! 💛

    1. Merci mon amie ❤️

  5. Un beau voyage à travers un continent 😯😯😯. Passionnant à lire grâce à un style d’écrivain voyageur ! Jack London est de retour 🙂

  6. Je me demandais d’ou le nom de ton vélo (Radler) venait. Je sais bien que tu m’avais dit que c’était le nom d’une bière au citron que tu avais dégusté au Yukon… Mais j’ai quand même Googlé un peu et voici ce que j’ai trouvé…

    Radler (German for « cyclist ») has a long history in German-speaking regions. It commonly consists of a 50:50 mixture of beer and sparkling lemonade. The origin of the name is lost to time, but is presumed to relate to the popularity of cycling and the need for a refreshing, less-alcoholic beverage on the journey.

    Je ne sais pas si tu savais tous ces détails, mais finalement, tu ne pouvais pas trouver un nom plus approprié pour baptiser ton vélo: Wilson Radler! Wheel pour les intimes…

    Coach Papa

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